M U S E E  D E  T O S N Y

Parachutistes


Parachutistes authentiques des différents belligérants sont présentés dans les vitrines du musée

Les parachutistes allemands

Composés uniquement de volontaires, les parachutistes firent leur première apparition officielle aux manœuvres de 1937. Ils provenaient du régiment Général Göring et fournirent le 1er bataillon créé en 1936. Parallèlement, une compagnie de parachutistes avait été formée par l'armée de terre et très vire devenue un bataillon. Ces deux bataillons furent rassemblés en 1938, sous le contrôle de la Luftwaffe, par le général de brigade Student dont les idées sur la conception d'emploi et d'instruction des troupes parachutistes furent déterminantes.
A cette époque, les bataillons se composaient chacun d'un état-major, d'une section de renseignement, et de 3 compagnies de chasseurs et d'une compagnie lourde.
Chaque compagnie de chasseurs comprenait trois groupes à trois sections chacun, armés de 18 mitrailleuses légères, de 3 mortiers légers et de 3 armes antichars.
La compagnie lourde avait 12 mitrailleuses lourdes et 6 mortiers moyens.
En tenue ordinaire, le parachutiste portait l'uniforme à tunique courte de l'aviation, avec le pantalon serré dans les chaussures montantes spéciales.
En tenue de saut, il portait une sorte de salopette à jambes courtes, la Sonderbekleidung, munie de poches à fermetures Eclair. Ce vêtement s'enfilait par-dessus l'uniforme à tunique courte.
Le casque d'un modèle spécial était dépourvu de rebords et de garni intérieurement d'un rembourrage en caoutchouc. Il pesait 1450 grammes, soit 150 grammes de plus que le casque standard de la Wehrmacht.
Le parachute avait une surface portante de 54 m² et était du type RZ1 puis RZ16.

Premières campagnes

Contrairement à l'affirmation générale, les parachutistes participèrent bien à la campagne de Pologne en 1939, lors du franchissement du petit fleuve Bzura.
Ce furent ensuite les opérations au Danemark et en Norvège, puis l'extraordinaire exploit d'Eben-Emael en Belgique, prologue à l'attaque de l'île de Crète en 1941.

Après leur spectaculaire démonstration sur le front de l'Ouest en 1940, les parachutistes allemands avaient participé à la campagne de Grèce. C'est grâce à leur intervention décisive sur le canal de Corinthe qu'avait pu se réaliser la progression rapide des forces allemandes vers le Péloponnèse.
L'étape suivante, l'attaque de l'île de Crète, le 20 mai 1941, allait être une tout autre affaire, car, cette fois, l'adversaire ne se laissa pas surprendre.
Accueillis par un feu d'enfer, les premiers planeurs se posèrent en désordre, certains même en plein milieu d'un campement britannique ; d'autres s'écrasèrent.
Les bataillons parachutés n'eurent pas de meilleurs débuts : le 3e bataillon presque anéanti à peine arrivé au sol, la 3e compagnie sanitaire qui perdit des hommes en atterrissant dans les oliviers, et une section du 2e bataillon perdant 37 hommes sur 40, massacrés par des partisans. Plus désolante encore avait été la noyade en mer de beaucoup de parachutistes de la 2e vague, mal lâchée.
Au sol, les combats furent d'une extrême violence, particulièrement aux endroits où les paras se heurtaient aux Néo-Zélandais, ces soldats d'élite de l'empire britannique. Dispersés, souvent privés de chefs, les paras durent faire face à des situations désespérées dont ils ne parvinrent à se tirer qu'à force d'initiatives et de farouche volonté de vaincre.
Grâce à des trésors d'héroïsme et au renfort des chasseurs de montagne amenés par la Ju-52, la victoire sourit aux envahisseurs. Parmi eux paradait un parachutiste bien peu réglementaire, le colonel Ramke qui, surpris par un contrordre, avait sauté en bottes et culotte de cheval !
Paradoxalement, la conquête de la Crète en neuf jours, par 23464 soldats du Reich opposés à 32000 Britanniques, 15000 Grecs et plus de 10000 partisans, et ce au prix de 3986 tués ou disparus, ne suscita que la mise à l'écart de ce type d'opération. Ce furent, au contraire, les Alliés qui développèrent pour leur compte les possibilités qu'avaient démontrées les paras de Student !
Le dernier saut massif de parachutistes eut lieu sur les ponts de la Düna, en Baltique. En Afrique du Nord, une opération de commando germano-italienne sur les voies du ravitaillement alliées se solda par un demi-échec en 1943. Les trois ultimes interventions furent la libération de Mussolini dans les Abruzzes, en septembre 1943, et la tentative d'enlèvement manquée du maréchal Tito à Drwa, en Bosnie, puis en 1944, dans les Ardennes, le saut du groupe de combat von der Heyde sur les arrières alliés.
Formés en divisions à partir de 1943, les parachutistes combattirent désormais de la façon la plus classique dans les Balkans (1er division en 1943), en Ukraine (2e division, 1943-44) mais surtout en Italie (1er , 2e , 4e divisions) et en France ( 2e , 3e , 5e , 6e divisions). Les cinq dernières divisions, numérotées de 7 à 11, combattirent en Hollande et jusqu'à la dernière heure sur le territoire national aux côtés des rescapés des plus anciennes divisions.
Constitués au départ de : 3 régiments de chasseurs parachutistes, 1 régiment d'artillerie, 1 groupe blindé, 1 groupe de D.C.A., 1 bataillon de pionniers, 1 groupe de transmissions et quelques unités d'intendance, les divisions virent leur effectifs s'amenuiser à partir de 1944. On y incorporait des débris des autres divisions.
La bataille de Monte Cassino restera à jamais inséparable du souvenir des « diables verts » en particulier de ces six survivants de la 7e compagnie du 3e régiment qui abandonnèrent  l'énorme amas de ruines qu'après avoir brûlé leur dernière cartouche.
On pu taxer les défenseurs du mont Cassin d'hitlériens fanatiques et, de fait, ces jeunes soldats avaient été  soumis dès l'école à une propagande intensive qui avait incrusté en eux les idéaux nationaux- socialistes ; mais n'est il pas plus exact de croire que bien mieux que l'idéologie, ce sont la camaraderie, l'esprit de corps et la valeur combative qui leur firent accomplir leur devoir ? Telles sont, en tout cas, les qualités qui permirent aux paras français et anglo-américains d'accomplir les missions audacieuses qui jalonnent leurs annales.


1. Premier équipement. – 2. Avec le Sturmgepäck . – 3 . En salopette camouflée avec bandoulière de cartouches. – 4 . Equipement complet (Crète). – 5 . Avec gilet de sauvetage (Crète). – 6 . Sans pantalon (Crète). – 7 . Equipement hybride (Italie). – 8 . En tunique et pantalon tropical (Italie). – 9 . Général (Crète). – 10 . En chemise et pantalon d'été (Italie).

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